Vous êtes collectionneur et passionné de miniatures Citroën, rejoignez-nous, on est là pour cela et, c'est gratuit !
 
AccueilPortailS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Les véhicules d’incendie Citroën en plâtre et farine !

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
PTIOTECARETE
Admin
avatar

Messages : 3123
Date d'inscription : 12/12/2010
Age : 66
Localisation : HELLEMMES-LILLE

MessageSujet: Les véhicules d’incendie Citroën en plâtre et farine !   Sam 31 Déc - 19:14

Comment de sympathiques jouets en plâtre et farine deviennent de rarissimes joujoux très convoités des collectionneurs

Dans le courant des années 1920, André Citroën et son état-major comprenant parfaitement que l’enfant peut être un excellent acteur commercial en faisant  le lien entre ses parents et le constructeur automobile. Au sein de l’usine, un département jouets est créé et sa direction confiée à un certain Monsieur Rabier, la plus grande partie de ses attributions consistant à assurer la diffusion et la vente de ces fameux jouets marqués du double chevron. L’étude et la fabrication de ces derniers sont confiés à Messieurs Migault et Gourdet, tous deux établis comme ferblantiers à Briare, dans le Loiret.

De CIJ à JRD
Devant le succès remporté par les premiers modèles, la petite équipe doit agrandir son atelier. En 1931, une nouvelle société est créée et prend pour nom Compagnie industrielle du Jouet, plus connue du monde des collectionneurs sous le label CIJ. Malheureusement, en 1934, le constructeur du quai de Javel connaît de sérieuses difficultés financières et les traites de CIJ ont du mal à être honorées. Une séparation à l’amiable est alors négociée puisqu’aucun contrat écrit ne lie les deux partenaires.

Renault remplace rapidement Citroën. Mais, en 1937, ce dernier se tourne vers JRD (Jouet nouveau diffusion), une nouvelle société, afin d’assurer à nouveau la fabrication de ses jouets. Créé en octobre 1935 à Versailles par Messieurs Barrié, Jouiel, Trouvé et Sitter, la marque est déposée le 5 décembre de la même année et met fin à es activités en 1963, soit un an avant la CIJ. Ce n’est donc qu’à partir de 1937 que JRD fabrique des jouets pour le compte de Citroën et que Monsieur Rabier, transfuge du département jouets du constructeur au double chevron, en prend la direction. Toutefois, de 1934 à 1937, le constructeur du quai de Javel est en fait toujours présent sur le marché du jouet grâce au stock existant.


Large gamme et clientèle exigeante
Les “grands jouets” Citroën ne se limitent pas uniquement aux voitures de tourisme mais s’étendent aux taxis, camionnettes et fourgonnettes publicitaires. Offerts en récompense à l’occasion d’une fête ou d’une réussite scolaire, ces jouets très appréciés par les jeunes garçons de l’époque sont déjà très onéreux puisque fabriqués et assemblés un par un à la main. (Et ils le sont toujours au grand dam des collectionneurs !) Ces jouets dont le châssis porte la marque Citroën appliquée au pochoir, semblent donc réservés à une clientèle relativement aisée.

Comment donc ne pas léser les enfants des classes moyennes ou populaires qui ont également droit à leur part de rêve ? Ne sont-ils pas, eux aussi, de futurs acheteurs de voitures Citroën ? Fort de cette constatation, il faut alors commercialiser des jouets moins  coûteux et à une échelle réduite, pour que chaque petit garçon de France puisse alors devenir propriétaire d’un jouet Citroën.

Des émaux au plâtre et farine
Toujours soucieux de soigner son image de marque, le patron du quai de Javel a l’idée géniale de faire correspondre la sortie de chaque nouveau modèle avec celle de sa réplique en miniature, et dans les différentes versions.
L’échelle 1/43 étant retenue, une petite série de B 14 G en métal moulé (plomb) est proposée à la clientèle en 1928. C4, Rosalie, Type 23, traction et TUB lui succèdent jusqu’en 1939.

Avec l’apparition de la série de la C4, le mode de fabrication est totalement repensé et donc modifié afin d’obtenir un prix de vente abordable, la coût de fabrication devant rester peu élevé. L’utilisation d’un matériau bon marché et d’un outillage simplifié se révèlent nécessaires. En conséquence, le plomb, relativement facile à travailler, est abandonné pour des raisons strictement financières. Si Briare est l’une des capitales du jouet pendant plusieurs années (de même que Montreuil avec le Jouet de Paris, JEP puis JRD), elle reste incontestablement une bourgade réputée pour sa manufacture d’émaux. Les émaux et les jouets trouvent en l’argile leur point commun. Cette matière première, mélangée à du plâtre, donne naissance à un nouvel amalgame malléable et peu onéreux communément appelé “plâtre et farine”. il est donc utilisé pour le moulage de modèles réduits au 1/43 mais ne comporte paradoxalement jamais de farine dans sa composition. Le collectionneur averti peut apprécier à l’œil nu et au toucher plusieurs qualités de “matière plastique”, appellation officielle mentionnée dans le catalogue des Jouets Citroën. la première est composée de plâtre très fin, présentant une texture de farine, et d’argile, donnant une composition fine et blanchâtre.  La deuxième est constituée de plâtre fin, de couleur gris très clair et d’argile, donnant un aspect lisse de couleur gris moyen. Quant à la troisième, elle n’est autre qu’un mélange de plâtre grossier et d’argile donnant un aspect rugueux. Certains fabricants, comme LR et Pygmée, utilisent ce dernier amalgame additionné d’un mélange à base de terre et de papier mâché.

Ces miniatures à vocation promotionnelle sont bien sûr vendues par Citroën dans ses succursales et garages mais aussi dans les grands magasins, les magasins de jouets et les boutiques de quartier comme les petits bazars, les drogueries et les marchands de couleurs, de fournitures scolaires ou d’articles de Paris. Ces petits commerçants ayant encore pignon sur rue dans les années cinquante, il est alors encore possible d’acquérir ces “plâtre et farine” aux côté des miniatures CIJ ou Dinky Toys, nettement plus réalistes mais ô combien moins poétiques. Aussi, à l’époque, n’est-il pas rare d’apercevoir quelque collectionneur adulte et avisé en ces lieux, afin de rafler, sous le regard surpris des gamins et au grand étonnement des marchands, ces modestes miniatures devenues si précieuses de nos jours.

Très “modeste” dan son système de vente, Citroën propose aussi ses jouets dans des distributeurs automatiques, comme celui installé à Paris, dans le gigantesque magasin d’exposition de la place de l’Europe.

Les 17 “petits pompiers”
Des 63 voitures, fourgonnettes et camions produits de 1928 à 1939, 17 retiennent ici particulièrement notre attention puisqu’il s’agit de véhicules de secours et de lutte contre l’incendie. Si les proportions restent délicates dans l’ensemble, ces modèles présentent une facture assez rustique et se compte d’une seule pièce en plâtre et farine agrafée sur un châssis en tôle emboutie propre à chaque série. Les C4 et Rosalie possèdent un châssis en tôle, le Type 23 comportant des ailes avant aussi en tôle, seuls les Traction et le TUB sont entièrement réalisés en plâtre et farine.

Si quelques miniatures offrent une relative ressemblance avec les équipements incendie conçu par Guinard, Samdi ou Thirion, les autres relèvent d’une inspiration totalement fantaisiste voire farfelue ! Il semble que jamais des bases Rosalie et de Traction ne reçurent d’origine un équipement de lutte contre le feu.

Avec leurs casques rutilants, leurs visages légèrement esquissés et leurs vestons de cuir ciré, de naïfs petits pompiers, moulés dans la masse de la carrosserie, animent avec panache ces miniatures dont le point commun le plus flagrant est l’absence de phares. Aussi, pas question de décaler de nuit !

Rares sont les miniatures mises en vente avec une petite étiquette imprimée en rouge et collée sous le châssis, authentifiant la provenance du produit du seul fait de sa présence.

De même, Citroën ne juge pas utile de référencer chaque modèle mais seulement la série. Aussi, les C4 appartiennent à la série 602 et les Type 23 à la série 623 C. Quant aux Rosalie, aux Traction et au TUB, ils ne font pas l’objet d’une telle attention. Dernière constatation, il suffit de prendre délicatement dans le creux de la main une de ces miniatures pour être surpris par leur poids se situant généralement entre 35 et 50 grammes !

De par leur rareté, leur fragilité et leur naïveté, (combien trouve-t-on de pompiers décapités, d’échelles oubliées ou de châssis désolidarisés de leurs carrosseries...). Même en état moyen, ces répliques sont particulièrement recherchées par les collectionneurs de jouets anciens.

Les C4, 1928-1934
Première série en plâtre et farine proposée par Citroën, les C4 sont plus que spartiates et peu élégantes avec leur allure étriquée, leurs voies avant et arrière étroites et leurs ailes profondément échancrées. La calandre, finement gravée et rapportée, est d’une fragilité bien connue des collectionneurs et peu d’exemplaires de ces miniatures arrivant complets entre leurs mains possèdent encore la leur. De plus, la gravure et le moulage, loin d’être des exemples de finesse, révèlent une fabrication hâtive tandis que leur couleur présente un caractère un peu vif. Mais tout cela ne fait-il pas leur charme ?


Les Rosalie, 1932-1934
Avez cinq modèles (un premier secours, une autopompe torpédo, une grande échelle, un fourgon pompe et une autopompe fermée), c’est une gamme plus étoffée que celle de la C4 que propose Citroën. Dans la réalité, il semble qu’aucune Rosalie n’ait été équipée de ce genre d’équipement d’incendie mais il est possible que quelques exemplaires aient terminé leur existence dans quelques corps sous forme de voiture de liaison, de voiture de commandement ou aménagées en voiture sanitaire. La gravure et le moulage de ces miniatures sont relativement grossiers tandis que le brillant de leur peinture déposée en couches fines semble avoir été absorbé dès l’application par l’amalgame. Les galbes du capot moteur sont approximativement rendus et l’embouti du châssis en tôle est peu précis. Les volets latéraux du capot, permettant de moduler le refroidissement du moteur sont légèrement gravés et la calandre, moulée dans la masse, reçoit le célèbre double chevron donnant malgré tout fière allure à l’ensemble.


Les Type 23, 1936-1939
Enfin de véritables camions de pompiers ! Souvent dénommés T 45 ou P 45, il suffit de s’arrêter aux détails et aux proportions de son capot pour avoir une idée précise de son identité. La diversité au sein de cette série est grande. Le moulage s’est affiné, la qualité de peinture est plus soignée et la teinte rouge foncée plus proche de la réalité. Autre nouveauté, les roues avant sont directrices et chaussées de pneumatiques en caoutchouc orange foncé portant l’inscription Michelin sur le flanc. A l’arrière, les carrosseries sont désespérément dépourvues de ces ailes qu’il aurait été si simple, à l’image des ailes avant, d’emboutir en même temps que le châssis.


Le département Jouets de Citroën présente ensuite deux modèles dont l’avant ressemble fortement à celui de la célèbre Traction Avant ainsi qu’un TUB relativement fantaisiste en version sanitaire. Seule la guerre viendra donc mettre fin à la production des jouets Citroën que même ces auvergnats de Michelin avait maintenus, convaincus qu’ils étaient de son efficace rôle promotionnel. L’esprit créatif d’André Citroën se retrouve donc jusque dans ces jouets., petits ou grands, ayant contribué à prolonger le mythe Citroën au-delà de celui de la mécanique.





Source : Christian BERTHIER, clichés Michel SBRAIRE

_________________
Citroën est entré dans l'histoire. La notoriété est le fruit de sa reconnaissance, la pérennité, le reflet de son adaptation.
Revenir en haut Aller en bas
http://aventure-citroen-min.forumchti.com
PTIOTECARETE
Admin
avatar

Messages : 3123
Date d'inscription : 12/12/2010
Age : 66
Localisation : HELLEMMES-LILLE

MessageSujet: Re: Les véhicules d’incendie Citroën en plâtre et farine !   Lun 5 Déc - 14:20

"De par leur rareté, leur fragilité et leur naïveté, (combien trouve-t-on de pompiers décapités, d’échelles oubliées ou de châssis désolidarisés de leurs carrosseries...). Même en état moyen, ces répliques sont particulièrement recherchées par les collectionneurs de jouets anciens."

S'il est vrai que ces jouets qui n'ont été produits et commercialisés que très peu de temps de 1932 à 1939, et qu'ils sont très fragiles et que les collectionneurs en sont friands, les prix peuvent vite s'envoler et atteindre des sommets proches de l'indécence !



Cette exemple des estimations, sorties du catalogue de la vente aux enchères organisée par Claude AGUTTES à Neuilly sur Seine le 7 décembre de cette année, que nous a fait découvrir notre ami Jean-Pierre alias PIJO3007.  Shocked

_________________
Citroën est entré dans l'histoire. La notoriété est le fruit de sa reconnaissance, la pérennité, le reflet de son adaptation.
Revenir en haut Aller en bas
http://aventure-citroen-min.forumchti.com
 
Les véhicules d’incendie Citroën en plâtre et farine !
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Véhicules CITROËN dans la GENDARMERIE
» Les véhicules Citroën et leurs reproductions au 1/160ème
» Citroën Kégresse P28
» My collection Citroën
» Citroën C4 1.6 HDI 92 cv

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
La grande aventure des petites Citroën :: Les automobiles Citroën : Les véhicules sortis des chaînes Citroën avant-guerre :: Les véhicules utilitaires-
Sauter vers: